Interview diffusée dans l'émission « L'Accord Parfait » du 14/07/2026. Pour ceux et celles qui seraient tombé(e)s sur cette page via un moteur de recherche, la page de l'émission est https://laccordparfait.pbechoux.be/. L'émission est disponible à la réécoute sur le site de la radio : https://www.radioara.org/show/laccord-parfait/.

Pascal Bechoux : 78e émission de L'Accord Parfait et il revient pour son nouvel album : c'est Jérôme Didelot du groupe Orwell. Il avait sorti en 2024 l'album Simple Minded, dédié à six reprises de Simple Minds, son groupe phare de l'adolescence, et il revient avec un nouvel album, Composite, qui vient de sortir le 15 mai sur son nouveau label Picture Disque, dont on va parler. Bonjour Jérôme.

Jérôme Didelot : Bonjour Pascal. Merci pour l'invitation.

Pascal Bechoux : Comment ça va ?

Jérôme Didelot : Comme quelqu'un qui sort d'un long tunnel fait de la confection d'un album compliqué, de la constitution d'un nouveau label. Donc qui a mêlé un travail à la fois artistique et un peu administratif ennuyeux en même temps. Mais voilà, j'avais envie d'avoir une structure un peu plus solide pour accompagner mes sorties discographiques.

Pascal Bechoux : Je voulais commencer l'interview presque en la finissant en ce qui me concerne. Tu travailles dans les médias alors profitons-en. Orwell interrogé par Jérôme Didelot... Qu'est-ce que tu lui poserais comme question ?

Jérôme Didelot : Je ne sais pas ce que je me poserais comme question, je m'en pose déjà à moi-même donc c'est déjà pas mal. Oui, je travaille dans les médias. Mais après c'est vrai que moi, je n'ai jamais eu l'impression d'être installé quelque part. D'un jour à l'autre, effectivement, je peux aller faire des interviews, faire du montage, faire du sound design, jouer des chansons... Je n'ai pas l'impression vraiment de changer foncièrement d'activité, si ce n'est qu’il y a un rôle où on doit être plus curieux et et un autre où on est un peu plus le producteur de la proposition. J'ai l'impression d'avoir plusieurs vies, mais je n'ai pas l'impression d'avoir plusieurs métiers. Tu as vu que je n'ai pas répondu à la question : « Quelle question je me poserais ? ». Je me poserais sans doute une question cynique, donc je vais la garder pour moi !

Pascal Bechoux : Dans l'émission où tu étais venu (émission 46, toujours disponible à la réécoute ou interview toujours disponible en lecture), on avait parlé de la confection d'un album. Est-ce que l'album s'est fait dans la foulée de la sortie de Simple Minded ou il faut un petit moment de pause ou de promotion de cet album dans lequel tu ne composes pas ? Est-ce qu'il y a des périodes sans composition ou, comme tu as dit, tu fais des chansons, et à un moment tu sors un album... Est-ce que dans la foulée du Simple Minded, tu avais déjà commencé la suite ?

Jérôme Didelot : Oui, j'avais quand même des chansons en chantier depuis longtemps. Mais quand je dis en chantier, c'était plutôt en friche finalement. Il ne s'est pas passé tant de temps que ça, et j'ai été un peu bousculé intérieurement par le fait que je me suis rendu compte que ça faisait quand même des années que je ne faisais pas exactement les morceaux que j'avais envie de faire dans l'instant. Même si j'ai pris beaucoup de plaisir à faire Son Parapluie, qui était un peu un exercice de style, qui était une sollicitation où j'ai écrit des chansons qui ont été interprétées par une autre chanteuse, en l'occurrence Isobel Campbell (NDLR : du groupe Belle and Sebastian). Après, j'ai enchaîné avec le projet Simple Minded qui est né un peu sur un coup de tête. Et puis parce qu'on avait ce projet de reprise de la période New Wave avec Acoustic Post-Punk Association (NDLR : duo acoustique avec Thierry Bellia du groupe Variety Lab) dont tu as déjà parlé dans cette émission. Donc j'étais motivé pour enregistrer les morceaux. Et puis, j'ai accumulé finalement de la musique qui n'était pas exactement la mienne. Et je crois que j'ai eu besoin à un moment de matérialiser toutes ces chansons qui étaient en friche, de les arranger et de sortir un vrai disque d'Orwell, car çela faisait longtemps et que c'était aussi un peu un moment symbolique puisque ça faisait un quart de siècle que le projet existait. J'avais deux pistes principales : soit sortir un disque assez, on va dire, dans la couleur habituelle, soit essayer de faire autre chose, de surprendre, et je crois que j'ai plutôt opté pour la première solution parce que c'est ce que j'avais envie de faire, tout simplement.

Pascal Bechoux : Pour le nouvel album, est-ce qu'il y a une idée, un concept derrière ?

Jérôme Didelot : Pas vraiment... S'il y a une idée, c'était la suivante. Je me suis vraiment posé la question de savoir ce que provoquait Orwell chez les gens qui écoutaient ce groupe. Est-ce qu'il y avait une définition assez claire d'un son, d'un style, d'une couleur générale ? Et s'il y en avait une, est-ce que moi-même je l'avais comprise, est-ce que j'arrivais à la synthétiser ? Et donc, j'ai un peu envisagé le disque comme une espèce d'étalage de ce que je sais à peu près bien faire.

Pascal Bechoux : Un best-of de nouvelles chansons inédites ?

Jérôme Didelot : Oui, j'ai dit ça une fois et c'était une bonne définition, c'est un peu ça. C'est-à-dire que comme je n'ai pas de tube, j'ai fait un best-of mais avec des nouvelles chansons.

Pascal Bechoux : Je trouve qu'il y a quand même des chansons qui rentrent en tête. Notamment le premier single que tu as sorti, Tout jusqu'au bout (Soltanto). Une fois qu'on l'a écouté quelques fois, il peut tourner en boucle en tête… Est-ce que vous réussissez à le pousser ?

Jérôme Didelot : C'est compliqué. Après, il a été joué un petit peu. Moi, j'ai toujours la chance d'avoir des radios par-ci par-là, dans certains pays, qui le jouent. Il est notamment passé sur la RTBF en Belgique. Après, c'est vrai que quand j'ai fait l'album, je n'ai pas trop réfléchi à un titre qui pouvait en être extrait. Parce que, comme, en fait, les chansons essaient d'aller un peu partout où je me sens confortable, où je me sens capable de produire une chanson correcte, je n'avais pas en tête un morceau phare. C'est une fois que j'ai réuni ces dix chansons plus une instrumentale que je me suis dit : « Tiens, qu'est-ce qu'il serait intéressant de faire écouter en premier ? ». Et c'est vrai que ce morceau-là, j'étais assez content du refrain. Je trouve que ce refrain, il est à la fois simple mais il a des particularités et il imprime... Il y a une espèce de sentiment qui en jaillit, qui n'a pas besoin des mots mais qui correspond à peu près aux mots que j'ai mis dessus, qui sont un peu flous. Si je te disais d'où vient l'expression qui a donné son titre à la chanson, tu ne le croirais pas.

Pascal Bechoux : C’était en effet l’objet de ma prochaine question  . D’où vient l’utilisation d’un mot en italien ?

Jérôme Didelot : Alors en fait l'explication est très simple, mais vraiment, et elle va peut-être te décevoir : c'est parce qu'au départ, quand je chantais ce morceau en yaourt, ou, enfin, en n'importe quoi, le n'importe quoi a fini par être du faux italien. Et je me dis : « Tiens c'est marrant, ça rend bien l'italien sur cette chanson ». Et je me dis : « Tiens, si je la chantais en italien ? ». Puis, au final j'ai gardé un seul mot, vu que je ne parle pas italien.

Pascal Bechoux : Sur Continental, il y avait une partie en allemand aussi.

Jérôme Didelot : Là, il y avait un sens parce que Continental, c'est à la fois un hommage un peu à la musique dont je t'ai parlé, qui a été finalement pas mal influencée par les Allemands.

Pascal Bechoux : En effet, personnellement, ce morceau-là me fait un peu penser à Kraftwerk, sans pointer directement un morceau en particulier.

Jérôme Didelot : En fait, cette époque de la musique, c'est l'une des seules fois dans l'histoire de la musique pop, on va dire, où les Allemands ont influencé les autres. Et c'est vrai qu'avec Kraftwerk, le Krautrock et même Giorgio Moroder — qui venait de la région germanophone de l’Italie (NDLR : Bolzano) — il y avait une référence à ça. Et puis, je venais de lire Cent ans de solitude et j'essayais de transposer un peu toute cette histoire familiale, territoriale, avec ces personnages un peu fantastiques. J'ai pensé à l'endroit où je vivais, je me suis rappelé qu'on était à l'ouest d'un pays, justement à l'est duquel il y a plein d'autres pays, et que les gens étaient un peu paranos à cet endroit-là. Alors que de l'autre côté, à l'ouest, avec les ports, il y a le brassage... Et en fait, à une époque, la couleur de la France était un peu tout rose à gauche et tout bleu à droite, et donc j'ai essayé également d'intégrer cette idée de territoire. C'est pour ça que ça s'appelle Continental, parce que je pense que les paranoïas, les angoisses, viennent souvent des frontières, avec ce côté qu'on peut fantasmer à propos de ce qu'il y a de l'autre côté.

Pascal Bechoux : Sur l'album Composite, il y a aussi un morceau qui s'appelle Si le sol se dérobe, qui est dédié à François Ribac, dont j'ai cru comprendre que tu avais hérité de la guitare douze-cordes. Est-ce que tu peux nous en dire un peu plus ?

Jérôme Didelot : François, c'était un mec passionnant qui m'avait contacté au tout début d'Orwell, à l'époque où on avait sorti notre premier véritable album. Donc c'était en 2002 je pense. Je ne le connaissais pas. C’était quelqu’un de super enthousiaste, fan de pop, mais pas seulement. C'était un très bon bassiste, notamment, qui venait plutôt du rock progressif et de l'opéra. Il était marié à Eva, une chanteuse d'opéra allemande. Il avait repris des études plus théoriques sur la musique, mais il écrivait aussi des opéras. Et en fait, il m'avait contacté pour ça : il cherchait un musicien. Mais quand je lui ai dit que je ne lisais pas la musique, il était un peu embarrassé parce que pour le projet pour lequel il m’appelait, il fallait absolument savoir lire la musique. Et c'est dommage, parce que c'est un opéra dans lequel il avait fait intervenir notamment Cathal Coughlan de Microdisney et The Fatima Mansions ensuite. Et un superbe chanteur britannique, assez peu connu, qui s'appelle Martin Newell, qui avait fait un album formidable notamment produit par le chanteur de XTC, Andy Partridge. Et donc j'étais déçu, mais après on est restés en contact. C'est vraiment quelqu'un de super chaleureux qui m'envoyait toujours des messages dès que je sortais un disque, des messages d'encouragement, vraiment très chouettes. J'étais allé le voir donner des conférences quelques fois, et j'ai pu lui rendre la pareille en 2018 quand on a produit le spectacle Sympho Pop, avec quelques partenaires à Nancy, c'était un hommage aux arrangements symphoniques. François était venu animer une conférence au Conservatoire de musique de Nancy sur les arrangements dans la musique. C'était passionnant, il avait fait un truc super sur un morceau d'XTC justement. Et j'ai été sidéré d'apprendre sa disparition, ça a été assez foudroyant. Bon, on ne se voyait pas souvent et en plus il n'habitait pas dans la région. J'ai été extrêmement touché que sa veuve, Eva, m'écrive quelques semaines plus tard en me disant : « Voilà, François a décidé de léguer tous ses instruments à des amis musiciens... voilà, des gens qui en auront besoin, et il y a une guitare douze-cordes pour toi. » On est allés chercher cette guitare l'été dernier dans son petit village. J'avais déjà rencontré Eva il y a fort longtemps, et donc je lui ai dédié cette chanson, parce que Si le sol se dérobe, c'est un peu une chanson quelque part qui parle de la musique, de la création.

Pascal Bechoux : Tes textes ne sont pas toujours évident à interpréter. Il y a des messages que tu veux faire passer?

Jérôme Didelot : Pas directement. Je les laisse à l’interprétation des auditeurs

Pascal Bechoux : Une petite question quand même par rapport aux différents titres et aux textes. Il y a The Goodbye Tree, c'est en référence à un livre ou pas du tout ? 

Jérôme Didelot : C'est vrai que j'ai eu l'idée de la chanson après avoir lu L'Arbre-monde de Richard Powers. Effectivement, ce livre parle d'activistes, un peu des genres de zadistes, mais qui protègent les arbres. C'est une espèce de livre choral avec différents personnages qui sont tous un peu obsédés par les arbres et leur préservation, puis le fait de se couper de l'humanité aussi, ce que je trouvais assez intéressant. Et puis j'ai réfléchi et je me suis dit : « Mais c'est vrai, les arbres... Pourquoi on s'est inventé des dieux alors qu'il y a les arbres ? ». Les arbres nous protègent, nous nourrissent, nous survivent, nous font respirer... On n'a pas besoin de dieux, on a les arbres !

Pascal Bechoux : Tu as dit que tu as créé le label, on en avait parlé lors de la dernière émission (NDLR : émission 46 du 11 mars 2025, disponible en réécoute), où on parcourait un peu toute ta carrière. Alors qu'est-ce qui est différent par rapport à ta structure d'avant ? Avant, c'était aussi ta structure ?

Jérôme Didelot : Ce qui est différent, c'est déjà le fait d'assumer directement les choses. Parce qu'en association, on est un peu toujours obligés d'embarquer des gens qui ne sont pas forcément impliqués, qui le font pour vous rendre service… Et puis un manque ou trop de souplesse administrative selon les cas. C'est vrai que ça permet de faire des choses sans trop réfléchir aux règlements. Donc ça, c'est le bon côté des associations. Le mauvais côté, c'est peut-être de ne pas toujours être très crédible vis-à-vis de certains professionnels. Et puis j'avais aussi envie de prétendre à être aidé, être accompagné par les grands organismes autour du milieu de la musique en France : la SACEM, la SCPP, l'ADAMI, etc… Donc, je me suis dit : « Si je dois faire des dossiers, je préfère avoir une vraie structure carrée ». Et donc je l'ai fait. Ça a été un travail d'arrache-pied. Mais je me suis fait un peu violence, et puis au final, j'ai eu un soutien pour faire le disque, donc je n'ai pas regretté ma décision. A présent, il me sert pour tout dans ma vie professionnelle. On va dire que c'est mon outil d'artiste et d'intervenant dans les médias aussi. Donc je pense que j'ai bien fait. J'espère ! Ça ne fait qu'un an pour le moment…

Pascal Bechoux : Mais tu veux dire que là, c'est ton label, tu es seul maître à bord, alors qu'avant vous étiez plusieurs, c'est ça ?

Jérôme Didelot : Oui. Dans les associations, on est obligés d'être plusieurs. Mais il y a forcément des gens qui ne s'en occupent pas trop, donc que tu embarques finalement un peu contre leur gré ou sans qu'ils sachent vraiment ce que tu fais. Là, j'assume tout. Pour l’instant, cela ne change pas énormément de choses pour l'instant. A noter que le label a aussi un statut d'éditeur. Au fil des années, concernant Orwell, j'ai cédé des droits d'édition, et de façon un peu inconséquente... J'aimerais bien les récupérer. Et au moins j'ai une structure, même si ce n'est pas des grosses sommes qui sont en jeu, mais c'est juste moral, j'aimerais bien récupérer tous les droits de ma musique.

Pascal Bechoux : Donc c'est un peu comme Sergio Taronna de Hot Puma Records qui avait, je pense, un label avec plusieurs personnes avec Anorak Supersport et qui a dit : « Je veux vraiment faire mon truc à moi », entre guillemets.

Jérôme Didelot : Sergio qui est toujours de la partie, parce qu'évidemment Picture Disque, c'est le producteur de cet album. Sergio est encore sous-éditeur en Belgique, il est responsable de la promo et c'est toujours un partenaire précieux.

Pascal Bechoux : Il y a un CD et un vinyle de Composite qui sont les références PICTD2 et PICTD3. Et le PICTD1, c'est quoi ? C'est la création du label ?

Jérôme Didelot : Non, le PICTD1, c'est peut-être passé inaperçu à tes yeux, mais en fait, j'ai récupéré les droits de production récemment d'un album dont je ne détenais pas les droits, qui s'appelle L'Archipel. Et en fait, en tout début d'année 2026, ou alors peut-être que c'était même encore à l'hiver 2025, j'ai mis en ligne pour la première fois sur les plateformes ce disque qui était sorti en 2005 et qui n'y était pas justement parce qu'il y avait un petit litige au niveau de la production. C'est un label qui s'appelait Twin Fizz à l'époque, qui n'existe plus. Son ancien gérant m'a cédé les droits, ce qui m'a permis de mettre l'album en ligne. Alors j'ai dû le mettre comme si c'était une nouvelle production de Picture Disque, mais c'est bien une réédition, voilà.

Pascal Bechoux : Justement, L'Archipel, est-ce que ce n'est pas le début de ton projet « solo »? On a l'impression que les précédents, c'est encore plutôt un groupe où il y a plus de participation. On en a parlé dans lors de notre précédente interview. Vous êtes trois amis avec Thierry Bellia et Alexandre Longo, et vous avez chacun votre projet. Thierry, c'est Variety Lab. Alexandre, c'est Cascadeur. Sur les premiers albums, j'ai l'impression qu'ils sont plus présents, au niveau création, plus crédités, entre guillemets, que comme intervenants ou arrangeurs, comme ils le font encore actuellement. Ils participent encore à tes projets, mais au niveau des crédits, on a l’impression que L'Archipel, c'est un peu le premier où tu as les rênes, non ?

Jérôme Didelot : Je dirais que c'est plutôt le suivant, Le Génie humain. Parce qu'en fait, ils étaient encore bien partie prenante pendant L'Archipel. Mais c'est vrai que c'est le moment aussi, surtout quand on a fait quelques concerts à la suite de la sortie du disque, où je pense qu'il y avait de fortes envies pour Thierry de se remettre à produire un nouvel album de Variety Lab, et Alex se cherchait depuis plusieurs années. Il avait multiplié les projets, il avait presque signé avec un label. Et je crois qu'il y avait déjà peut-être Cascadeur qui germait, parce que ça allait naître peu de temps après, finalement. Et je crois que je ressentais ce besoin chez eux d'avoir un peu leur propre maison. Ça s'est fait assez naturellement, donc... Mais sur L'Archipel, ils étaient encore très impliqués.

Pascal Bechoux : Justement, cette amitié à trois, avec trois projets différents, comment arrivez-vous à la vivre ? Car c'est quand même aussi parfois un métier d'ego… Et de se dire : « Tiens, il y en a un qui a parfois plus de succès ou de visibilité », cela peut être compliqué. Par exemple, Walker de Cascadeur a quand même été un vrai tube…

Jérôme Didelot : C'est sûr que dans la hiérarchie, à ce niveau, je suis le dernier des trois ! Mais je le vis très bien. Je n'ai jamais fait de la musique pour avoir du succès. J'ai fait de la musique pour pouvoir produire les chansons que j'avais en tête, que j'avais envie de matérialiser. Vraiment. Tant mieux si mes potes arrivent à faire des chansons qui ont du succès. Donc Alex en a eu, Thierry en a eu beaucoup aussi avec Variety Lab. Lui, le problème, c'est que c'était un peu indirect parce que ce n'est pas un projet qui a été associé vraiment à un artiste : c'est souvent des gens qui entendaient une chanson sur toute la vague de compilations qu'il y a eu. Donc il a eu du mal à être identifié, même si le deuxième album a quand même bien résonné. Mais il y avait beaucoup de featurings, ce qui a aussi noyé le projet artistique en lui-même. Puis peut-être que Thierry, qui est quelqu'un qui adore s'entourer, a peut-être aussi eu trop tendance à s'effacer. Mais moi, effectivement, je sais que je suis l'artiste des trois le plus confidentiel, qui produit peut-être les chansons les moins fédératrices. Je m'en rends compte, mais ce n'est pas un problème.

Pascal Bechoux : Non, mais ça pourrait l'être, mais comme tu dis, ça ne l’est pas. J'ai interviewé, en effet, Thierry pour la sortie du remix de Paul Félix (NDLR : dans l'émission 73 pour ceux qui seraient intéressés). Il a dit qu'il remettait en route le projet Variety Lab et que pour le moment, les idées n'étaient pas encore avancées pour vous proposer quelque chose, donc, il vous implique toujours... Tu les impliques aussi sur tes disques et Alexandre également.

Jérôme Didelot : En effet. Mais avec Alexandre, comme il a eu un encadrement qu'on n'a pas connu, nous, par ailleurs, avec Universal, des directeurs artistiques qui lui proposent des noms, ils auraient très bien pu insister pour dire : « Bon bah maintenant ils sont sympas tes copains, mais il faut peut-être jouer avec un tel ou un tel »... Mais non. Et on a continué de fonctionner comme on avait toujours fonctionné, donc c'est un peu l'avantage d'être des amis.

Concernant ma musique, avec le temps, j'ai appris à voir le verre à moitié plein. Je me dis qu'il y a des gens qui font des trucs super et qui n'arrivent pas à faire rayonner leur musique.

Pascal Bechoux : Picture Disque n'est pas fait que pour des sorties discographiques. Sur le site de Picture Disque, tu parles d'autre chose. Tu mentionnes Acoustic Post-Punk Association. Est-ce qu'il y a des idées de disques pour ce groupe ?

Jérôme Didelot : On aimerait bien, on va s'y mettre, je pense. C'est notre projet, avec Thierry, de reprise de groupes de New Wave. On aimerait bien choisir peut-être les 10 morceaux qui ont les versions les plus originales qu'on a bossées, et essayer de faire au moins un CD. Si j'arrive à avoir un peu de moyens, il pourrait y avoir aussi un prochain Variety Lab qui sortirait sur le label. Il y a un autre projet que j'aimerais bien récupérer, c'est le projet Sympho Pop qu'on avait monté en 2018 avec L'Autre Canal et un orchestre semi-amateur d'enseignants qui s'appelle le GAM, Gradus Ad Musicam. En quelque sorte, on est deux à avoir piloté le projet, à savoir Renaldo Greco, qui est flûtiste et claviériste dans Orwell, et moi-même. Je pense que le projet, on l'a conçu, on a toutes les partitions.

Pascal Bechoux : Le projet, c'était un concert, c'est ça ?

Jérôme Didelot : En fait, l’idée, c'est comme si c'était un hommage aux arrangements, on va dire, symphoniques dans la musique pop et on a une setlist, on a tout retranscrit — enfin c'est Renaldo qui a fait ce boulot — toutes les partitions. De sorte qu'on peut l'adapter à n'importe quel orchestre, à n'importe quelle salle avec n'importe quel casting vocal. On se dit que ça peut à la fois être un projet artistique pur avec une représentation et des invités, et ça peut être aussi un projet pédagogique où on implique un orchestre local ou une école de musique et on les accompagne sur une saison : on travaille les chansons sur la saison et on fait une restitution à la fin. Mais tout ça, ça se construit et je me dis que si j'ai un peu de temps et d'énergie, je vais essayer de m'y atteler à travers Picture Disque.

Pascal Bechoux : Donc pas que du disque pour Picture Disque.

Jérôme Didelot : Vu ce que les gens achètent comme disques aujourd'hui, on va se diversifier.

Pascal Bechoux : Est-ce que l'album, ça a toujours un sens aujourd'hui ? Peut-être pour ton public cible, dont je fais partie. Mais les jeunes, est-ce qu'ils achètent encore des albums ?

Jérôme Didelot : Je n'en sais rien. Mais c’est vrai que je me pose la question. Composite, c'est un album évidemment francophone : il y a un titre en anglais seulement. J'ai mis quelques morceaux de côté, notamment des morceaux plus pop où je ne m'imaginais pas les chanter en français. Et là, j'ai envie de les faire, parce qu'il y a notamment un morceau qui m'est souvent resté en tête. C'est bête, car il n'est pas sur l'album. Mais j'aime bien le refrain. Donc j'aimerais bien faire un EP super pop en anglais, mais en digital… Mais cela ne sera pas pour tout de suite.

Pascal Bechoux : Je voulais justement y venir. A part le premier album qui est, je pense, principalement en français, et peut-être Continental plutôt en anglais, en général, tu ajoutes souvent un ou deux titres en anglais...

Jérôme Didelot : C'est vrai qu'Orwell, naturellement, cette musique, quand elle me vient à l'esprit, c'est peut-être quelque part dans un anglais imaginaire. Et après, c'est un travail d'adaptation de trouver la clé pour la faire en français, la chanson qui me vient en tête.

Pascal Bechoux : Mais alors, c'est parce que c'est ta volonté de le faire en français ?

Jérôme Didelot : Oui, parce que c'est ma langue. L'agilité que je peux avoir avec les mots, je ne l'aurai jamais en anglais : jouer avec les sens... C'est ma langue natale, celle que je maîtrise à peu près. Et donc je me dis que, forcément, ce ne sera pas très intéressant ce que je vais écrire en anglais. Mais j'ai écrit quelques titres dans cette langue, car j’adore chanter en anglais. Mais je me suis fait pas mal aider pour l’écriture. Et puis c'est vrai que vocalement, je me libère un peu parce que pour moi, c'est du théâtre tout de suite. Alors que quand je chante en français, c'est moi.

Pascal Bechoux : Ton instrument de prédilection, ce serait ?

Jérôme Didelot : Je pense que l'instrument sur lequel je suis le plus à l'aise, même si j'en joue très peu aujourd'hui, c'est la basse.

Pascal Bechoux : En effet, tous les autres projets auxquels tu participes, tu es plutôt à la basse. Même les concerts...

Jérôme Didelot : Même Son Parapluie, quand on a fait notre concert unique aux Transmusicales de Rennes, j'étais à la basse.

Pascal Bechoux : Pour les concerts que tu fais actuellement, tu es accompagné par Jacques Tellitocci, vibraphoniste. Il est déjà dans l'aventure depuis longtemps…

Jérôme Didelot : On se connaît, on joue ensemble occasionnellement depuis la fin des années 80 ! On a fait un premier concert avec Thierry Bellia, ce fameux Jacques, et le batteur de mon ancien groupe au Chapiteau de la Pépinière, je pense, la première année de fac ou la deuxième année de fac... En fait, on avait candidaté à un concours pour être sélectionnés pour jouer à une soirée années 60. Et Thierry, que je venais de rencontrer à la fac, à qui j'avais dit : « J'ai un quatre pistes », il m'a dit : « Viens, on enregistre une reprise des Beatles ». Donc un après-midi, on a enregistré une reprise des Beatles, on a fait Ticket to Ride, on l'a envoyé au festival, ils nous ont dit : « OK, vous jouez ». On n'avait pas de groupe et pas de chansons ! Et donc, on a embauché le batteur de mon groupe de l'époque, qui s'appelait P.S. Goodbye, et Jacques Tellitocci qui jouait avec Thierry à l'époque. Et on a bossé une vingtaine de titres qui allaient des Kinks aux Beatles, en passant par Gainsbourg, Dutronc... et on a fait un set années 60. On s'était appelés The Hype, comme le faux groupe de David Bowie et Tony Visconti en 70. Voilà, pour répondre à ta question, c'était ma première expérience avec Jacques, mais il a rejoint Orwell officiellement en 2006. Il a joué du vibraphone sur L'Archipel.

Pascal Bechoux : Est-ce que ce sont ces rencontres avec les différentes personnes qui participent aux enregistrements qui font le son d'Orwell, ou le son d'Orwell nécessite le choix des musiciens ?

Jérôme Didelot : C'est quand même le son d'Orwell qui fait que j'ai besoin de ces profils-là. Et puis, j'essaie de choisir des amis ou des amis d'amis, et de rester fidèle aux gens avec qui ça s'est bien passé.

Pascal Bechoux : Pour cet album, il y a quelques concerts au compte-gouttes pour l'instant. Pour l’instant, en formule duo avec Jacques…

Jérôme Didelot : Oui, parce qu'en fait, le travail de production a été plus compliqué que prévu. Comme il y avait la constitution du label en parallèle. C'était vraiment un travail épuisant de tout faire, l'artistique et l'administratif. Quand j'ai réussi à définir la date de sortie du disque, il fallait passer à la phase 2, la phase promotionnelle, avec un ou deux concerts promos à Paris, essayer de trouver des dates, etc… Et je me suis dit que c’était repartir à zéro…

Depuis une dizaine d’années, on fait les concerts d’Orwell à 5 : Régis Nesti à la batterie qui est là depuis 2002, Emmanuel Harang à la basse qui nous a rejoints un peu plus tard en 2006, qui vient du jazz — mais c'est intéressant —, Renaldo Greco dont j'ai parlé un peu plus tôt qui est claviériste et flûtiste, et puis Jacques et moi. Donc il n'y a pas de guitare électrique, mais comme Jacques a beaucoup d'effets sur le vibra, ça nous permet d'intégrer des textures qui en sont proches.

En donc, à 5, c'était repartir du début en termes d'organisation et aussi financier. Parce qu'à 5, il faut tout multiplier. Et je me suis dit que ce n'était peut-être pas très sage de repartir avec tout le monde, sachant que je n'avais pas arrangé les morceaux sur l'album pour qu'ils soient spécialement joués par un groupe de 4, 5, 3, 12... Il y a beaucoup d'arrangements, mais il y a aussi des morceaux un peu plus intimistes... Et j'ai réfléchi, j'ai réuni tout le monde pour dire que j’avais déjà pris des risques en produisant le disque et créant le label et que je ne pouvais pas prendre tout de suite de nouveaux risques en se lançant dans une formule à 5.

Donc l'idée, c'est que pour la sortie du disque, on va monter une formule à 2 avec Jacques qu'on avait déjà expérimentée vers 2011-2012. On a repris tout à la base avec Jacques, en sélectionnant les morceaux qu’on allait jouer et comment on allait les jouer. On a vraiment pris le temps et on est arrivés à quelque chose d’assez satisfaisant pour l'instant. Actuellement, on va répondre aux sollicitations qui s'offrent à nous et après on verra à la rentrée s'il y a d'autres sollicitations. Peut-être qu'il faudrait juste un starter, un festival ou un événement qui nous donne l'occasion de répéter et de jouer dans de bonnes conditions à 5.

Pascal Bechoux : En concert, tu n'as qu'une guitare acoustique ?

Jérôme Didelot : Sur scène, oui. Ça m'est arrivé d'utiliser une électrique, mais ce n'est pas forcément indispensable.

Pascal Bechoux : Et pour les concerts qui viennent, les anciens titres sont prévus ?

Jérôme Didelot : Oui, bien sûr.

Pascal Bechoux : Concernant tes autres projets, pour Son Parapluie, est-ce que tu avais des envies de le réactiver ?

Jérôme Didelot : Il n'y pas trop de pistes pour le moment... Le producteur du projet, l'initiateur du projet, qui s'appelle Todd Bisson, qui est américain, est actuellement en train de produire son propre album où il va faire à la fois appel à l'IA mais à plein d'autres collaborateurs. Il m'envoie des morceaux qui sont générés par l'IA mais dont il est à l'initiative, et c'est très bizarre. Ce sont des morceaux finis, donc, je suis très dubitatif pour y apporter quelque chose. Lui, il est concentré là-dessus et il a des super collaborateurs. Il n'est pas du tout dans la suite de Son Parapluie pour le moment. Je pense que s'il y a une suite à Son Parapluie, il faut qu'il y ait une rencontre. Évidemment, on avait le secret espoir de faire chanter Wendy Smith de Prefab Sprout. On a tout fait pour cela ! J'ai écrit une chanson exprès. Elle avait répondu une fois, puis elle n’a plus répondu. Je n'ai pas réussi à lui envoyer la chanson. C'était un peu le fantasme et ça ne s'est pas fait.

Pascal Bechoux : Par rapport aux collaborations, tu as souvent le même entourage. Mais en reparcourant les notes des pochettes des albums, je vois que sur l'album Des lendemains, il y a un tromboniste qui s’appelle Peter Walsh. C'est le chanteur de The Apartments (NDLR : groupe australien qui a un certain succès localisé en France) ?

Jérôme Didelot : En fait, c'est un homonyme. En revanche, une association qui s'appelle Life is a Minestrone avait demandé à des artistes, pendant le confinement, d'enregistrer des reprises en distanciel. J'avais proposé aux autres membres d'Orwell de faire une reprise de The Apartments, Goodbye Train. Et donc, on l'a faite, et j'ai eu un petit commentaire super sympa du vrai Peter Walsh, Peter Milton Walsh. Bien que, dans le feu de l'action, j'avais oublié deux lignes dans un des couplets en chantant les paroles…

Pour rebondir sur les collaborations, tu auras peut-être remarqué qu’il n’y en a pas sur le dernier album. Au départ, j’avais plein d'idées et je me suis dit : « Mais ça va un peu à l'encontre de mon idée de départ ». Cet album, c'est presque un bilan de compétences : « Orwell, c'est ça ». C'est bien, c'est mal, j'en sais rien, mais c'est là que je suis à l'aise, c'est ce que je sais faire. À un moment, c'est vrai que j'avais, par exemple, le morceau Dans tes rangs... Comme il y avait deux voix en harmonie tout le long de la chanson, je voulais avoir une partenaire pour le chanter. Puis j'ai abandonné l'idée, mais c'est vrai que j'avais l'ambition de contacter quelqu'un. J'avais deux idées, une en France et une en Angleterre, et puis je l'ai abandonnée.

Pascal Bechoux : Sur les albums d’Orwell, en tout cas, sur les derniers albums d'Orwell, il y a chaque fois un instrumental. Pas forcément au début, pas forcément à la fin... Pourquoi insérer chaque fois un instrumental ?

Jérôme Didelot : Franchement, tu me poses une colle. Je n'y ai même pas réfléchi ! Ca arrive comme ça. C'est vrai qu'en général, j'ai souvent comme des mélodies qui me viennent avec les grilles, mais je pense que c'est quand je suis au piano. Parce que j'ai un piano à la maison — alors je suis un piètre joueur, mais bon, je bricole — et je pense que j'ai parfois des choses qui jaillissent et qui ne nécessitent pas de voix. Mais c'est vrai que c'est marrant que tu dises ça, je crois qu'il n'y a pas un seul morceau instrumental d'Orwell que je n'ai pas composé au piano... A vérifier quand même !

Pascal Bechoux : Ça, on ne le voit pas sur les crédits, c'est toi qui devras nous le dire ! Comme on est en « bilan de compétences », quelle chanson est-ce que tu ferais écouter à quelqu'un pour lui faire découvrir Orwell, et par extension après, quelle chanson résumerait chaque album, ou représenterait bien chaque album ?

Jérôme Didelot : C'est compliqué. Je vais partir du dernier parce que c'est ce qui est le plus frais, avec le peu de recul que j'ai. Je dirais que c'est le morceau Chercher sans relâche, où j'avais vraiment l'impression d'avoir trouvé un morceau bien concis. Certaines chansons, on sent qu'on a besoin de tirer des ficelles pour essayer de leur trouver une vérité. On a quelque chose, mais il faut rebricoler... Et puis il y d'autres morceaux qui sont directement limpides, où tu te dis que tout est là, c'est monolithique. Rien à changer dès la première mouture. Et c'est ce qui est arrivé avec Chercher sans relâche. Pourtant il y a beaucoup d'accords, c'est assez sinueux comme morceau. Et je pense que l'arrangement tient la route. Je dirais que sur le dernier album, c'est peut-être mon morceau indiscutable. Et puis je pense que le texte porte bien la musique. Après, concernant les morceaux vraiment emblématiques d'Orwell, je suis obligé de survoler les albums. Si je pense au tout premier, je pense au morceau Des lendemains, qu'on ne joue pas souvent, mais qui est un morceau auquel je suis très attaché. J'aime bien les paroles aussi — je ne dis pas tout le temps ça de ce que j'écris. Il y a évidemment Toutes les nouvelles parlent d’hier qui ouvrait l'album Des lendemains. Et il y a un morceau qui s'appelle Devenir, dont j'étais content sur ce disque aussi.

Pour faire découvrir Orwell, je dirais peut-être des morceaux plus récents comme Je ne sais pas mourir (NDLR : de l’album Exposition Universelle de 2015), un morceau assez fédérateur qui a un faux air de morceau facile parce qu'il a l'air un petit peu léger comme ça — il est un peu doux-amer —, mais il est finalement assez complexe au niveau de sa structure et c'est un truc qui revient assez souvent dans Orwell. On la joue encore en concert… Comme autre morceau, Au-dessus de moi qui ouvrait Le Génie humain. Voilà, j'ai cité principalement des morceaux en français. Puis il y a, oui, des morceaux en anglais. Certaines personnes les préfèrent parce que je me lâche un petit peu plus au niveau de la voix, je les comprends, mais voilà, je suis attaché au fait que ma discipline c'est aussi d'essayer de proposer cette musique en français.

Pascal Bechoux : Et c'est pour ça que tu as choisi un nom de groupe qui représente la France  ?

Jérôme Didelot : Je ne sais plus pourquoi j'ai choisi ce nom ! Je pense que je trouvais ça intéressant de prendre un nom qui provoque des images un peu noires pour une musique qui ne l'est pas. C'est pour que les gens se questionnent. Et puis un auteur qui parle principalement de la condition humaine dans ses livres de façon très omnisciente, j'aimais bien aussi.

Pascal Bechoux : Et cet auteur-là, tu l'as relu à ce moment-là ou il t'avait suffisamment marqué ?

Jérôme Didelot : A l'époque, j'avais lu pas mal de livres, mais c'était aussi le mot. En plus, il est plus joli et presque plus prononcé à la française qu'en anglais, parce qu'en anglais tu es obligé de garder l'accent, ce n'est pas forcément très chouette, alors qu'Orwell en français, c'est joli.

Pascal Bechoux : Pour clôturer, tu peux rappeler où ou comment peut-on se procurer l’album ? .

Jérôme Didelot : Il y a un distributeur, donc on peut le trouver assez facilement partout. On peut le commander un peu partout, et si vous avez vraiment envie de faire plaisir au groupe, vous le commandez sur le Bandcamp du groupe (https://orwell.bandcamp.com/). Mais comme les gens d'Inouïe Distribution sont très sympas — ce sont des activistes qui font plein de trucs depuis Saint-Étienne en plus, ils ne sont même pas à Paris —, je privilégie en fait leur réseau de distribution, même si je suis un petit peu moins gagnant quand ça passe par eux, mais c'est la règle. Ils font un travail aussi. Je travaille aussi avec eux pour le pressage, pour le digital... C'est une super équipe et il faut encourager ce genre d'initiative. Il n'y a plus grand monde qui fait ça aujourd'hui.

Pascal Bechoux : Merci beaucoup Jérôme.

Jérôme Didelot : Merci à toi.

Pascal Bechoux : À bientôt. Au prochain album ?

Jérôme Didelot : Oui, bien sûr. Est-ce que ce ne sera pas un Variety Lab pour Picture Disque ? Qui sait ?

Pascal Bechoux : Peut-être. En tout cas, Thierry a dit qu'il relançait le projet Variety Lab A suivre donc.

Jérôme Didelot : Voilà, et puis on espère pouvoir vous croiser en concert à partir de la rentrée. On a quelques dates qui se profilent, en formation duo, avec Jacques Tellitocci au vibraphone.

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