Interview diffusée dans l'émission "L'Accord Parfait" du 28/10/2025. Pour ceux et celles qui seraient tombé(e)s sur cette page via un moteur de recherche, la page de l'émission est https://laccordparfait.pbechoux.be/. L'émission est disponible à la réécoute sur le site de la radio : https://www.radioara.org/show/laccord-parfait/
L'Accord Parfait :
Dans L'Accord parfait, comme je vous l'avais annoncé, dans le cadre aussi de la sortie de son nouvel album et de sa venue au "Long Way" à Longwy le 31 octobre et aussi le 1er novembre en Belgique à Braives, près de Huy, j'accueille, je ne sais pas comment l'appeler, puisque c'est Paul Felix, mais aussi Paul Visconti, par moment je crois, si j'ai bien compris.
Paul Félix : C'est une vieille histoire, j'avais pris un pseudo dans ma jeunesse, que j'ai abandonné quand on a fait le deuxième album.
Pascal Bechoux (pour L'Accord Parfait) : Le groupe Gamine a commencé début des années 80, en 1980 même, et toi tu avais seulement 16 ans ?
PF : Pour le premier concert, en juin 80, j'avais encore 16 ans. Au départ, c'était un groupe qui s'est formé sans moi. Je suis arrivé après. Donc quand on pose la question "Pourquoi Gamine ?", personnellement, je ne sais pas ! Et après, on n'a pas changé. On n'avait pas beaucoup d'idées...
PB : Donc le nom ne provient pas de la chanson "Gamine" ?
PF : Non en effet. Cette chanson est arrivée après, amenée par Paco.
PB : Et tu es rentré dans le groupe en tant que chanteur et aussi à la basse à l'époque au départ ?
PF : Oui, j'ai commencé à la basse, parce que les bassistes, c'était pas facile à trouver. Donc, j'ai pris la basse. Comme Mc Cartney à l'époque...
PB : Et après tu as eu envie de passer la guitare assez rapidement ou seulement au moment du premier album ?
PF : Non, en fait, on a intégré le bassiste Guillaume Bacou, au moment du deuxième maxi EP. Et à ce moment-là, j'ai donc pris la guitare électro-acoustique, et j'ai ne l'ai plus quittée ensuite.
PB : Pour le premier album d'un groupe, c'est souvent un peu le best of des débuts du groupe, mais vous, avant le premier album, il y avait déjà eu quelques titres qui étaient sortis. Est-ce que vous êtes repartis sur une feuille blanche pour ce premier album ou c'était quand même un peu tout ce que vous jouiez avant ?
PF : Non, il y avait beaucoup de nouveaux morceaux. Il y avait très peu d'anciens morceaux. Le plus ancien, c'était "Voilà les anges". Et "Le voyage". Ils avaient un an. Il y avait aussi "Les Jeux Innocents" qui était un vieux morceaux, qu'on a intégré, mais que moi, je refusais de jouer sur scène à l'époque. Je n'aimais pas trop ce que j'y racontais. Il m'ennuyait un peu ce morceau, donc on l'a débarqué. On ne le jouait plus sur les tournées. Et après, on a commencé pendant la tournée du premier album, à jouer un peu du deuxième album. On avait des nouveaux morceaux qui s'intégraient petit à petit, mais le premier album, tout est quasiment neuf dedans.
PB : Donc c'est un peu comme un deuxième album, pour la plupart des groupes. Vous repartiez vraiment presque d'une feuille blanche. Est-ce qu'il y avait un concept, ou vous aviez simplement assez de morceaux pour faire un album ?
PF : On n'a pas conceptualisé l'histoire, on n'a pas fait un opéra rock. On aurait pu, j'imagine, mais non, on n'a pas fait ça. On l'avait fait un peu sur le 45 tours "Julie, Julie / sans effet", c'était une mini histoire. Voilà, celui-là, c'était un peu un concept 45 tours...
A l'époque, on faisait trop la fête à mon avis, donc on avait du mal à se concentrer vraiment suffisamment. A un moment, on a signé chez Barclay, on s'est un peu plus concentré, mais c'était pas évident.
Même pendant l'enregistrement de "Voilà les anges", on était au taquet. On nous a donné une suite spéciale, parce que quand on enregistrait la première partie de l'album, quand on a fait "Le Voyage" en 45 tours (avec face B "Les Jeux Innocents", de ce que je me rappelle), ils nous avaient mis une suite à l'ICP à Bruxelles et on l'avait un peu saccagée. Je ne sais plus comment... On avait fait la fête. Et du coup, le patron de ICP, pour l'album, il nous avait mis dans un truc exprès pour les groupes Heavy Metal, style Motorhead.
Et donc, on faisait la fête, quand on n'était pas en studio. Même en studio, on faisait la fête ! Enfin, c'était la joyeuse bande...
PB : Et au niveau des textes, est-ce qu'à l'époque, c'était important pour toi ?
PF : Ça dépend.
PB : Même "Voilà les anges", grammaticalement, j'ai du mal à comprendre, je sais qu'il y a des débats là-dessus sur ce que ça veut dire...
PF : En fait, moi, je pense que, surtout, c'est un peu un texte prémonitoire, pour moi. Un truc un peu mystique, c'est venu comme ça. Je l'ai écrit à 10 heures du matin après avoir fait la fête toute la nuit. Je me suis demandé ce que je racontais. Et puis après, ça a pris son sens, avec les années.
PB : Comment s'est passée la fin de Gamine ?
PF : Pour le deuxième album, il y avait Decca Angleterre qui voulait nous signer et sortir "Two People of a different kind", comme single. Et ça ne s'est pas fait parce que Constantin, qui était notre directeur artistique chez Barclay, a bloqué le truc. Nous, on n'a pas eu le ressort de dire "bah si, on va faire quand même comme ça". Et ça, ça a un peu miné le groupe parce qu'après, on devait resigner un nouveau contrat avec Polygram monde. Il voulait faire un gros truc avec nous, et là, moi, j'ai choisi ce moment pour m'en aller du groupe. Donc, c'est là que ça s'est arrêté. C'est comme ça, C'est peut-être pas plus mal. Je serais peut-être mort à l'heure qu'il est...
Mais Paco (Rodriguez, guitariste du groupe) , il n'a pas été viré de chez Barclay. Ils lui avaient proposé carrément une carrière. Et en fait, il a commencé à s'intéresser à l'hindouisme, pendant que moi, je m'intéressais au bouddhisme. Et il n'a plus eu envie de faire ce qu'il faisait. Donc, il a claqué la porte de Barclay.
Avant, il avait fait un album sous le nom de Mr Kuriakin.
PB : Et toi, tu as fait Real Atletico. Est-ce que tu as enchaîné directement sur ce projet à la fin de Gamine ?
PF : Ah, non, ça m'a pris trois ans de refaire quelque chose. Parce que j'ai fait des démos pour Barclay qu'ils m'ont refusées.
PB : L'idée, c'était de commencer en solo ?
PF : Tout à fait. Et puis, après, j'ai commencé à chercher une salle de répétition, pour travailler mes morceaux avec un peu plus de soin. Plutôt que de rester en appartement. Et j'ai trouvé un local à partager avec les anciens du "Cri de la mouche" qui venaient de se séparer et qui avaient un local. Quand on a fait Real Atletico, je revenais d'un an à Londres, en fait. En discutant, on a fait un groupe avec eux (le batteur et le bassiste). Et puis on a trouvé un guitariste, Chris Sanchez, qui venait plutôt du rock indé, voir hard rock, heavy metal. On a enregistré chez Mix-It parce qu'il y avait Jean Labbé, avec qui on avait fait les démos du deuxième album de Gamine. On a été signé par PIAS, mais ça a été de courte durée. Parce que refaire un groupe comme ça, c'était un peu une gageure, parce que, tous, on sortait d'une expérience de groupe difficile. Et refaire un groupe, finalement, les gens n'avaient pas l'énergie. Et moi non plus, je n'avais pas l'énergie de me battre plus que ça, donc... un moment, j'ai dit "J'arrête".
PB : Et avec Real Atletico, vous avez tourné ou pas spécialement ?
PF : On a fait une tournée au printemps 94, je pense. Et puis, en septembre, on avait une ou deux dates. Il y avait une date à l'Erotica, que j'ai fait tout seul, en fait.
PB : Concernant la période post-Real Atletico, c'est-à-dire une période où, pendant 30 ans, on n'a pas trop entendu parler de Paul Félix. Hormis peut-être un concert de Gamine en 2018 pour les 30 ans. Qu'est-ce qui s'est passé ?
PF : En fait, Paco m'a branché pour faire les 30 ans de Gamine. J'ai dit "OK, on le fait". Paco arrivait juste la veille d'Inde en avion. On a répété rapidement et on a fait un concert de 4 titres. Et après, on a enchaîné quatre ou cinq dates. On devait faire une date à Paris au Grand Control, d'ailleurs, et puis là, ça a capoté. On s'est pris la tête sur un truc. Finalement, on a annulé le concert à Paris, bêtement, je dirais...
Et après, il n'y avait aucune envie ni de ma part, ni de la part de Guillaume, les deux seuls rescapés du groupe, de continuer Gamine.
J'ai alors continué à faire des démos, pour un projet perso. Ça a pris 7/8 ans pour arriver à finir à ça.
PB : Depuis la fin de Real Atletico, à un moment, tu t'es dit "J'arrête totalement la musique" ? Car il n'y a pas une nouvelle discographie durant cette période.
PF : Après Real Atletico, je suis parti en Inde. En fait, tout le monde était parti en Inde à cette période. Je suis parti de mon côté. Je n'ai pas vu aucun de mes potes là-bas. Et puis, j'ai rencontré des lamas tibétains. Je suis alors allé à l'enseignement du Dalaï-Lama. Je suis donc devenu un peu bouddhiste. Et j'ai commencé à pratiquer la méditation bouddhiste. En rentrant, j'ai trouvé un monastère en Auvergne. J'étais venu pour 15 jours et je suis resté 16 ans ! Durant cette période, j'ai fait très peu de musique.
Et j'ai repris, vraiment, quand je suis sorti du monastère en 2013. Là, je me suis racheté une guitare parce que je n'avais même plus d'instrument. J'ai commencé à faire des démos avec un 8-piste.
PB : Alors qu'est-ce qui amène de 2013 jusqu'à maintenant pour, je dirais, concrétiser ?
PF : Il a fallu le temps de trouver la bonne formule... Finalement j'ai revu les gens de Bordeaux Rock. On a fait une session de studio. Ils ont produit 4 titres, avec l'arrangeur Benoît Roumaillac, qui a fait les arrangements sur "Se pourrait-il ?". Finalement, je n'étais pas content du résultat, ni Bordeaux Rock, ni personne. Et c'est là que j'ai commencé à bosser avec Fabien, qui était le copain d'une copine qui a tourné le clip et fait puis la pochette de l'album, Laure Fourcade
PB : On parle de Fabien Cahen, qui a joué dans Cox et qui a fait des chansons pour Zazie, Johnny Halliday, etc.
PF : Oui. Il m'a proposé de me produire et j'ai accepté. On a bossé ensemble sur deux ans. On a fait 11 séances, des enregistrements de quatre jours en général, et l'album s'est fait ainsi.
Entretemps, Sergio Taronna m'a contacté et on a fait l'album avec Hot Puma.
PB : L'album s'est principalement fait vous deux, avec Fabien Cahen ?
PF : Oui, il y avait aussi quelques musiciens, mais on l'a fait principalement tous les deux.
PB : Sur cet album, tu reprends "Voilà les anges". Pourquoi faire cette reprise ?
PF : Pour faire connaître un peu le morceau aux gens qui ne le connaîtrait pas. Une version un peu revisitée.
PB : Tu fais aussi une reprise de Léo Ferrée...
PF : Oui, et il y a aussi une reprise de Real Atletico : "Porte à porte" qui était en anglais sur l'album de Real Atletico sous le nom de "Fish head". J'avais envie de le rejouer et puis je me suis aperçu qu'on pouvait traduire quasiment du mot à mot le premier couplet et j'ai trouvé cela pas mal et j'ai donc travaillé sur cette reprise.
PB : Sur les albums de Gamine, de Real Atletico et sur ton album, il y a toujours une à deux reprises. C'est important pour toi de montrer tes influences ?
PF : Oui. Même sur scène, je fais beaucoup de reprises. Cela peut être même Joe Dassin. Beaucoup de choses des années 80 : Inxs, Rita Mitsouko, Téléphone (je reprends souvent "Un autre monde"), Polnareff (j'aime bien faire "Goodbye Marylou"). Quand on chante, tout peut être interprété. C'est comme un acteur. "Green", le poème de Verlaine avec la musique de Léo Ferré, qui est sur mon album, c'est vraiment une référence à mon enfance. Mon père était archi-fan de Ferré. Comme "Pauvre Ruteboeuf" qu'on retrouve sur un album de Gamine.
(ndlr : lors du concert à Longwy, Paul reprendra "Satellites of love" de Lou Reed, "May I" de Kevein Ayers (déjà présent sur le premier album de Gamine) et Heroes de Bowie. Ainsi qu'un bout de Killing Moon d'Echo & the Bunnymen mixé dans "Nos Sentiments")
PB : Sur l'album, est-ce qu'il y a un ou deux morceaux qui te tient plus à coeur que les autres ?
PF : Moi, je les aime tous pour ce qu'ils racontent. Ils ont chacun leur univers. Mais je dirais qu'il y a un peu les deux chansons que j'ai faites pour mon papa "Ta tendresse" et "Dernier voyage". J'ai bien comme Fabien a traité ce dernier morceau. On l'avait enregistré en live.
PB : Après cet album, le but est de faire des concerts ? Parce qu'en tant qu'artiste solo, ce n'est pas toujours évident...
PF : Oui, là, par exemple, je vais jouer à Huy et à Longwy, avec Sergio à la batterie et Calogero Marotta à la basse. A Paris, j'ai des autres musiciens et sur Bordeaux également. Et je fais des concerts tout seul aussi, comme à Poitiers où je viens de jouer.
PB : Et l'idée, c'est de faire une tournée ?
PF : Oui, mais pour l'instant, on n'a pas de tourneur. Donc, c'est une tournée improvisée d'un mois sur l'autre.
PB : Et est-ce qu'il y a déjà l'idée de la suite discographiquement parlant ?
PF : Oh oui, enfin non, il y a l'idée d'enregistrer un live et de le sortir peut-être sur un support numérique. Et puis, après on verra.
PB : Au niveau musique tu es ou tu restes un gros consommateur de musique ?
PF : Alors en tant qu'auditeur, pas "gros", parce que je passe beaucoup de temps à pratiquer la méditation et aussi à faire d'autres choses. Me balader, travailler des fois... Pendant quelques années, j'ai bossé comme auxiliaire de vie... J'ai beaucoup écouté les nouvelles stars de la pop folk, comme Beck, Damon Albarn ou Bon Iver. Et pleins d'autres trucs, The Franklin Electric (un groupe canadien)... Et j'écoute pas mal de jazz fusion. J'aime bien, ça me repose l'esprit.
PB : Est-ce que ton expérience bouddhiste a changé ton rapport à la musique ?
PF : Enfin, mon rapport à la vie en général... En fait, le bouddhisme, c'est un mot qui a été inventé. En fait, chez les tibétains, ils appellent cela la voie intérieure. Et ça veut dire que les pratiques spirituelles, c'est pour se tourner vers l'intérieur, alors que dans la vie normale, on agit avec l'extérieur, on interagit avec ce qu'on identifie comme extérieur à nous, ce qu'on souhaite, ce qu'on ne veut pas, ce qu'on veut, etc.
Donc la voie spirituelle, c'est une voie intérieure, donc de ce point de vue-là, c'est comme une aide, une canne pour avancer dans un territoire qu'on a peut-être pas forcément visité, jusque-là ou peut-être très rapidement avec une expérience mystico-psychédélique. Mais bon, ça ne suffit pas en général, si on veut vraiment se développer intérieurement, c'est bien de pratiquer la méditation, ça aide beaucoup. Et après, je fais aussi un peu de Qi gong, par exemple, du yoga... Donc ça aide aussi, et puis c'est pour se cultiver, c'est comme cultiver son jardin intérieur.
Et bien sûr, ça aide à être plus en phase avec qui on est. Donc moi, à ma manière, ça m'a accompagné jusqu'à maintenant.
Depuis bientôt 30 ans, je fais ça, et ça m'accompagne dans ma vie de tous les jours.
Après, je suis quelqu'un de plutôt hyper actif dans ma tête, assez ambitieux, donc c'est un défaut qui m'empêche de peut-être ne pas être aussi intériorisé que je le voudrais. J'ai tendance à être très distrait par l'extérieur. Mais bon, je vie avec, ça va quand même, je survis. Et du coup, ça m'aide à me rappeler que ce que je suis, c'est OK.
Et je revisite même ce qu'on a fait avec Gamine avec beaucoup de plaisir. Et en même temps, je regrette qu'on n'ait pas pu s'entendre pour refaire quelque chose ensemble avec Paco. Mais, ce sont les aléas du temps qui passe. Il y a une difficulté, souvent, à se trouver au même moment, au bon endroit, au bon moment, ensemble. Quand on est jeune, ça se fait plus facilement, parce qu'on réfléchit moins. Et on se laisse aussi plus facilement influencer, comme ça a été mon cas, à l'époque. C'était pas trop moi qui décidais dans le groupe. Mais comme j'amenais mes chansons, cela me suffisait.
Maintenant, je suis un peu plus exigeant. J'ai envie de faire les trucs comme moi, j'ai envie. Même là, l'enregistrement avec Fabien, on n'était pas souvent d'accord quand même. Mais bon, on a réussi à bosser ensemble. Avec l'idée definir ce projet ensemble. Et puis, quand on est sur scène, c'est vraiment super. Les quelques concerts qu'on a faits ensemble avec Fabien et les autres musiciens, c'était vraiment génial.
PB : L'album est réalisé par Fabien Cahen, donc, c'est pour ça qu'il y avait des discussions, car le réalisateur est un peu le décideur ?
PF : C'est ça. Mais ça, c'est le principe sur ce projet, ça s'est fait comme ça. Je pense que si je refais quelque chose, je le ferai justement à ma sauce à moi. Juste pour le plaisir de faire comme ça. Parce que maintenant, je sais plus me débrouiller. Je n'avais pas le matériel nécessaire à l'époque. Et là, maintenant, je peux tout faire moi-même, même les prises de son batterie si j'ai envie. Et puis, je ferai mon truc, parce que c'est intéressant. Mais, ceci dit, Fabien, il a fait vraiment des super trucs à des moments. A d'autres moments, on n'était pas d'accord.
Et puis, sur scène, je fais ce que je veux, quoiqu'il arrive. Et c'est ce qu'il y a de bien sur scène : chacun fait ce qu'il veut.
Moi, je trouve que c'est un bon principe. C'est ce que je dis en répète : "Si tu me demande ce que je veux, "plutôt comme ça", mais après, tu fais comme tu le sens". Et puis, de toute manière, après le concert, on se retrouve "au tas de sable", comme on dit chez nous.
PB : Je voulais revenir sur les remerciements de l'album. Je vois que tu remercies Philippe Lavergne qui faisait partie des Freluquets et de Qu4tre, Frédéric Lo, Cali, Zazie...
PF : Avec Philippe, on a partagé la scène du Truskel à Paris une fois. C'était sympa, et on se connaît depuis 86. Avec Frédéric Lo, on a failli travailler ensemble pour cet album, mais cela n'a pas pu se faire. Mais on se parle régulièrement depuis que je refais des démos. C'est un bon ami et il m'a soutenu depuis quelques années, donc je l'ai remercié. Pour Zazie, j'avais fait quelques premières parties. Elle a été adorable. Elle m'a même fait un grog pour la première date qu'on a fait avec elle parce que j'étais aphone et j'étais naze. Et puis elle m'a présenté au public comme elle sait faire, super sympa. Pour Cali, j'ai fait récemment sa première partie à Bordeaux. Il m'avait même proposé son studio mais le problème c'est que Cali, il est toujours difficile à joindre. De temps en temps, il m'appelle à une heure du matin en train de faire la fête pour me dire qu'il a écouté mon futur disque et que c'est génial et tout ;-). Il est assez incroyable. Et c'est un phénomène sur scène !
PB : En dehors de la musique, est-ce que tu as d'autres passions ou des intérêts personnels ?
PF : La méditation, mais là, je reprends un peu l'art tibétain, l'art sacré. J'ai un peu appris et je n'ai pas trop lâché, je continue un peu.
PB : Et c'est quoi l'art tibétain, l'art sacré ?
PF : C'est dessiner des lotus, des bouddhas, des animaux, ... avec un certaine technique de dessin. Et là, j'ai commencé à faire même un peu de modelage dans le même style.
Le temple du monastère en Auvergne, où j'ai fait mes retraites, est en cours de finition au niveau de la déco. Du coup, on a parlé avec d'autres personnes de reprendre pour finir parce qu'il y a plein de choses qui n'ont pas été encore tout à fait finies.
PB : Pour le concert de Longwy, on peut s'attendre à quoi ?
PF : Au pire ou au meilleur !
PB : Merci Paul pour l'interview et pour ton temps !
PF : Merci Pascal et puis merci à tout le monde et à très bientôt !
Quelques photos du concert de Paul Félix, le 31/10 au Long Way à Longwy :